Amendements de Rénover Maintenant Paris 20ème
Proposition d’amendement du groupe de travail « Les conditions de vie au travail » (RM 20)
Dans le vingtième arrondissement, une partie de la réflexion politique des Rénovateurs s’est centrée sur « Les conditions de vie au travail ». Un groupe associant des experts militants du PS, de syndicats ou d’associations ont produit un projet de contribution thématique qui forme une première étape d’un travail qui sera poursuivi pendant deux ans pour élaborer et faire partager des propositions visant à améliorer radicalement la qualité des conditions de vie des citoyens lorsqu’ils sont au travail.
La question du travail est évoquée par le projet de contribution « Besoin de Gauche ». Elle devrait, selon nous être plus précise sur les conditions de vie au travail.
Nos attendus
Les constats qui fondent nos projets d’amendements sont les suivants (pour un texte plus développé de ces constats, voir le blog http://renovermaintenant20eme.blogspot.com/).
1 - Les salariés, confrontés aux réorganisations et restructurations incessantes de leur entreprise et de leur environnement professionnel, sont de moins en moins informés de ce que devient leur production. Ils perdent le sens de leur travail. Ainsi se défait la notion de métier, d’évolution et d’acquisition des savoir faire. Pour l’employeur, le travail devient une tâche à accomplir, de plus en plus librement accessible et cessible sur le marché du travail, un bien fongible et les travailleurs deviennent interchangeables.
2 - Poussée par la financiarisation des entreprises, la gestion prend le pas sur les métiers. Nous devrions dire que, bien souvent, la gestion les écrase. C’est un système qui est pratique pour baisser les coûts et gagner en profits : le « turn-over », souvent présenté comme un moyen pour les salariés de se former, à coup sûr, maintient les salaires modestes le plus près possible des salaires d’embauche, eux-mêmes concurrencés par les « gratifications » versées aux stagiaires. Il faut dire que sans charges sociales ou avec des charges allégées pour les rémunérations inférieures à 1,6 fois le SMIC, il est très tentant pour un employeur normalement constitué de ne pas franchir les seuils qui augmentent les charges sociales (même si ces allègements creusent les déficits sociaux).
3 - Enfin, à masse salariale constante, voire à salaire moyen constant, il est possible pour les dirigeants d’entreprise d’exploser leur rémunération. Ainsi, les hausses des rémunérations (sous toutes formes) des dirigeants sont-elles effarantes depuis 1998. Là aussi, la défiscalisation et l’allègement des charges sociales au dessus des divers plafonds ne peuvent qu’inciter à « se servir à pleines mains » avant les actionnaires, pas toujours contents d’ailleurs. C’est ainsi que les profits croissent, déjà largement amputés des prélèvements faits pour « motiver et récompenser » (dixit Madame Parizot) les responsables tandis que se développe la pauvreté des chômeurs, mais aussi celle, plus récente des travailleurs.
4 - Pauvres ou avec des rémunérations sans aucune augmentation depuis parfois 12 ans ou avec de faibles augmentations qui ne suivent pas le cours des prix, on comprend que la motivation des salariés s’émousse autant que leur croyance dans l’efficacité de l’action syndicale nationale et encore plus dans celle des représentants des salariés dans leur entreprise (lorsqu’il y en a). D’ailleurs que peuvent vraiment faire ces représentants face à des directions qui ont le nez sur le compteur ? Non seulement la motivation faiblit, mais comme la pression augmente souvent dispensée par un encadrement lui-même sous pression et pas toujours à l’aise avec ce qu’on exige de lui, l’isolement des salariés grandit.
Malheureusement, pour « rester dans la course », pour compenser les pertes de pouvoir d’achat liées à l’écrasement de leur rémunération, les salariés ont parfois tendance à se considérer, à l’intérieur de l’entreprise comme des concurrents. Ce serait, selon Marianne « La guerre dans l’entreprise ». C’est au moins l’isolement et la souffrance au travail dans des cas de plus en plus nombreux. Mais c’est aussi, honteusement gardé comme un secret par ceux qui le subissent, le harcèlement moral, phénomène en sourd développement.
5 - Il est logique que la souffrance au travail et le harcèlement se développent puisqu’en fait, le travail est perçu comme une marchandise et le travailleur, une source d’ennuis.
Face à cela, les recours possibles et efficaces sont rares. Il y a pourtant un code du travail et des syndicats, des Prud’hommes, une médecine du travail ou l’Inspection du travail. Que font-ils donc ?
Premier constat : ils sont débordés. Deuxième constat : ils ne sont pas toujours présents. Troisième constat : ils sont parfois bâillonnés, quatrième constat : celui qui met en œuvre des recours est menacé dans l’entreprise. Gare à lui aussi, s’il tombe malade du fait du stress, de la souffrance ou du harcèlement ! Alors s’ouvre pour lui une période de traversée du désert, parfois suivie d’une période d’intense activité juridique, pénible, longue et peu fructueuse. De toute façon, il en sortira, marqué au fer rouge : meurtri, mais aussi rayé des cadres pour l’emploi … Car, si le monde du salariat s’est ainsi disloqué, par contre, celui du patronat est bien organisé et est resté solidaire.
On peut regretter que le patronat ait réussi à gagner le pari de s’enrichir et d’accroître son pouvoir en organisant une lutte contre et entre les salariés tandis que, pour les salariés, s’éteint la confiance en l’action collective, tant syndicale que politique.
Les salariés laissent à la porte de l’entreprise leur costume de citoyen. Sur ce point, à quelques belles et courageuses épopées près, les lois Auroux ont été battues.
On pourrait faire de nouvelles lois, mais à quoi bon puisque ce qui est censé les faire fonctionner ne « marche pas ».
La perte de confiance des citoyens dans le travail et dans l’action collective est inquiétante, car, sans action collective dans les entreprises, il n’y aura pas de rééquilibrage du rapport de forces et donc pas d’optimisation des conditions de vie dans l’entreprise. Il faut donc restaurer la confiance et faire fonctionner correctement toute la chaîne qui « fait marcher » la loyauté dans l’entreprise et le plein exercice des droits de chacun.
Le chantier qui s’ouvre sur ce point est essentiel. Les socialistes doivent traduire cette réalité dans l’aménagement de cadres d’action et de négociation efficaces.Nous avons déjà commencé à organiser la suite de nos travaux pour trouver les directions pour le bon fonctionnement d’un système économique préservant les droits et les potentiels de chacun au lieu de les consumer.
Ainsi devra-t-on repenser le « jeu d’acteurs » pour que chaque salarié puisse effectivement accéder à ses droits. Il faut repenser la place et le rôle des syndicats en tant qu’ils représentent effectivement l’intérêt et l’accès au droit de tout citoyen en passe de travailler ou travaillant, repenser également la place, le rôle et les moyens de la médecine du travail, de l’inspection du travail et des conseils des Prud’hommes.
Un nouveau jeu d’acteurs devra ainsi garantir que l’on parvienne à reconnaître aux salariés les droits élémentaires de tous les citoyens
• Éradiquons la souffrance au travail (stress, harcèlements, maladies professionnelles…)
• Rendons effectif le droit de se défendre
• Faisons passer dans les faits le droit d’être préparé aux évolutions des métiers et de l’entreprise
• Valorisons les apports de chaque individu au fonctionnement et à la production de son entreprise ou de son service
• Renforçons la présence et le rôle des syndicats
• Valorisons les entreprises citoyennes qui respectent les salariés
• Travaillons ces questions avec nos partenaires européens
Nos amendements
Amendement 1 - Dans l’introduction paragraphe 7 : « … Nous disposons désormais d’un socle commun : la déclaration de principes. Le Parti socialiste s’y accepte comme réformiste, attaché à la transformation sociale, européen, laïque et féministe. Amendement - ajouter : Pour lui, les conditions de vie de l’homme sont essentielles . C’est à partir de ces valeurs qu’il nous faut travailler, dans les deux prochaines années, à apporter des réponses concrètes aux problèmes des Français.
Amendement 2 - Dans le paragraphe 1 Quels objectifs le Congrès doit-il assigner au Parti socialiste ?
Compléter le titre 1.1 par « qui mette la qualité des conditions de vie de l’homme au cœur de ses enjeux »
1.1. Définir un nouveau modèle de développement qui mette la qualité des conditions de vie de l’homme au cœur de ses enjeux
Amendement 3 dans ce paragraphe 1.1. , glisser le « respect de l’homme au travail » , juste avant la justice sociale …..
« nous pensons que la modernité consiste au contraire à inventer le modèle de développement qui intégrera le mieux le respect de l’homme au travail, la justice sociale et la préservation de l’environnement. »
Amendement 4 Insérer : « la qualité des conditions de vie de chacun, notamment sur son lieu de travail » juste après, nous plaçons au cœur de notre action ….
« Fidèles à la vocation de la gauche, nous plaçons au cœur de notre action la qualité des conditions de vie de chacun, notamment sur son lieu de travail, la lutte contre les déséquilibres économiques, …. »
Amendement 5 - Insérer dans le paragraphe suivant, en fin de paragraphe : « Il est de surcroît indispensable de veiller à ce que les lois du marché ne réduisent pas les droits effectifs des citoyens sur leurs lieux de travail »
« Pour autant, ce rapport critique au capitalisme ….. Mais nous jugeons le marché insuffisant dans des domaines comme l’éducation, la santé, la recherche ou la culture. Il est de surcroît indispensable de veiller à ce que les lois du marché ne réduisent pas les droits effectifs des citoyens sur leurs lieux de travail.
Amendement 6 - § suivant, ajouter « encourager le développement et la valorisation des potentiels humains ».
Conscients que l’on ne peut redistribuer … encourager le financement de l’investissement productif et de la recherche, encourager le développement et la valorisation des potentiels humains,
Amendement 7 -dans « Quel programme de travail pour les deux années à venir, proposer 8 conventions et non 7.
Amendement 8 - Nous proposons que la première convention soit celle ci :
2.1. Remettre au centre de notre politique la qualité de la vie de l’homme au travail
Dans une économie en mouvement incessant, les salariés ne savent plus pour qui ni pourquoi ni jusqu’à quand ils travaillent. La concurrence règne entre eux, entre chômeurs et stagiaires et entre salariés, chômeurs et stagiaires. Elle est attisée par la recherche sans fin d’économies, par l’injonction de performance et par l’instabilité du travail. La pression augmente produisant pour certains, la démotivation et pour d’autres, le stress et la souffrance au travail. Sont maintenus dans la pauvreté des travailleurs jeunes, précaires, des femmes, tandis que les rémunérations des cadres dirigeants atteignent des niveaux records considérés comme un « fléau » social.
La protection et les réponses des syndicats, des prud’hommes, de l’inspection du travail et de la médecine du travail débordés ou bâillonnés sont devenues largement insuffisantes.
Nous devons repenser notre politique d’allègements fiscaux et sociaux de sorte qu’elle ne facilite ni le maintien des bas salaires, ni l’envolée des hautes rémunérations.
Nous devons rendre effectifs les droits élémentaires des citoyens salariés : celui de ne pas souffrir, de se défendre efficacement, d’être préparé aux évolutions des métiers et de l’entreprise, d’être valorisé pour leurs apports. Une de nos toutes premières priorités sera donc de repenser les méthodes, le rôle, le jeu et les moyens des acteurs, de renforcer la présence et le rôle des syndicats, de valoriser les entreprises citoyennes qui respectent les salariés tout en travaillant à l’harmonisation progressive de nos politiques au niveau européen.
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