Présentation de la contribution “Besoin de Gauche”
I - Définir un nouveau modèle de développement
A l’heure où le pilonnage médiatique de la droite tend à faire assimiler course à la modernité et acceptation de la supériorité du marché, nous affirmons que la modernité consiste, au contraire, à inventer le modèle de développement qui intégrera le mieux la justice sociale et la préservation de l’environnement. Car comment pourrions-nous nous satisfaire d’un marché qui, lorsqu’il n’est pas encadré, est aveugle à long terme, perverti par les oligopoles, asservi par les effets conjoints des évolutions technologiques et de la spéculation ?
Si nous reconnaissons depuis longtemps l’utilité du marché pour produire les richesses nécessaires au développement des sociétés, nous plaçons depuis toujours au cœur de notre action la lutte contre les déséquilibres économiques, les dégâts écologiques et les injustices sociales et territoriales engendrées par le capitalisme. Loin d’avoir perdu sa raison d’être, ce combat retrouve toute son acuité face à la mondialisation financière et aux nouvelles formes de domination qu’elle engendre. Or nous refusons l’alignement de notre modèle social sur les standards néolibéraux que la droite voudrait nous imposer. Socialistes, et donc internationalistes, nous militons plus que jamais pour une autre répartition des richesses à l’échelle planétaire et ne pouvons nous résoudre à l’approfondissement de la fracture entre le Nord et le Sud.
Il est temps pour nous de tirer toutes les conclusions que suscite un modèle de croissance qui n’a pas démontré sa capacité à permettre une bonne allocation des ressources et une bonne répartition des richesses créées, car les limites de la capacité de portage de la planète et des écosystèmes sont atteintes ou en passe de l’être.
En rupture avec la thématique du déclin, de nombreuses expériences apparaissent dans le monde, qui prouvent qu’il est possible de restaurer des écosystèmes dégradés et de rétablir leur capacité à se régénérer. Il est temps, pour le Parti socialiste, de travailler à ce que les idées rattrapent le réel, pour faciliter, demain, l’orientation de l’action publique vers la solidarité, la démocratie, la préservation des écosystèmes et des ressources nécessaires au développement des sociétés humaines. En d’autres termes, d’aller vers ce que le PSE appelle la « croissance verte ».
Car nous considérons, avec les socialistes européens, que le développement durable est le seul principe de base responsable pour l’action politique et économique. Il impose de préparer l’avenir, en résistant au primat du court terme et à la suprématie de la logique du marché.
Il nous faut être attentifs aux conditions de création des richesses, car on ne pourra jamais redistribuer que ce qui est produit. Nous devons ainsi répondre à l’enjeu de la croissance et de la compétitivité française en réhabilitant le volontarisme économique. Et nous ne désignons pas par cette expression l’incantation à la croissance économique dont le chef de l’Etat ponctue ses rodomontades, et qui est dépourvue de toute concrétisation politique. Aux antipodes du désengagement néolibéral, nous pensons au contraire que la puissance publique - Etat et collectivités territoriales -doit retrouver un rôle stratégique pour encourager le développement de l’investissement productif et de la recherche, la diffusion des progrès technologiques, la prospection des marchés internationaux, l’essor de nouveaux services, de l’économie sociale et solidaire, mais aussi pour favoriser la reconversion des territoires fragilisés. L’investissement dans l’éducation et la recherche est, du reste, une condition de la survie de nos économies, concurrencées par des pays émergents capables de former, chaque année, des centaines de milliers de chercheurs et d’ingénieurs hautement qualifiés, mobiles et moins coûteux.
Par opposition à la spéculation financière, qui détourne le capital des investissements indispensables, par opposition à la politique de la droite, qui, en France, privilégie la rente, la gauche doit soutenir la prise de risque entrepreneuriale. Après un cycle qui fut favorable aux salaires durant les Trente Glorieuses, la répartition des gains de productivité est devenue exagérément favorable au capital, au détriment du travail et de l’investissement. Nous devons parvenir à une répartition plus juste, mais aussi plus efficace, entre les facteurs de production.
La mondialisation étant aujourd’hui déréglementée et dérégulée, nous voulons en retrouver la maîtrise par une réglementation négociée, adossée à toutes les formes de régulation. Nous plaidons notamment pour un commerce international régulé. Les échanges ne peuvent continuer à se faire au détriment des pays du Sud. Au nécessaire respect des clauses sociales et environnementales oubliées du Traité fondateur de l’OMC, il s’agira d’ajouter de nouvelles garanties sociales et environnementales, afin d’assurer la loyauté dans les échanges mondiaux et une démocratisation des instances de régulation internationale, dans le cadre d’une stratégie diplomatique alternative à l’alignement sarkozyste sur le bloc anglo-saxon.
La révolution écologique oblige à une solidarité planétaire. Pour la première fois, l’impératif environnemental prévaut sur la force des marchés : il va constituer un levier puissant pour imposer par la voie de l’action politique des disciplines à cette économie suicidaire qui puise sans aucune limite et sans aucun frein dans les ressources de la planète. Cette nouvelle donne écologique renouvelle plus fondamentalement encore notre vision même des besoins humains. Aux antipodes d’une approche purement matérialiste du bien être, nous accordons aux questions de santé, de qualité de vie, de préservation des cadres naturels, une importance décisive. Nous croyons nécessaire d’enrichir la notion et la mesure même de la croissance, pour faire une place aux dimensions qualitatives, aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la personne, à l’économie sociale et solidaire et à la sphère non marchande.
La crise énergétique mondiale affecte directement la répartition des fruits de la croissance : la hausse des prix de l’énergie et celle des produits de base élimine, quand elle ne les dépasse pas, les faibles progressions des revenus des ménages les moins favorisés. La baisse du pouvoir d’achat est une perspective qui risque de durer et de frapper de plus en plus de nos concitoyens. L’expérience des deux chocs pétroliers de la fin du XXème siècle nous a enseigné qu’il n’y avait pas d’alternative macroéconomique à l’absorption par les ménages du surcoût de l’énergie et des produits de base. C’est ce qui rend d’autant plus nécessaire le changement de modèle de développement, la lutte contre la dépendance au pétrole et le soutien à la relocalisation de certains circuits économiques.
Nous proposons que la France mette en œuvre une nouvelle politique énergétique fondée, dans l’ordre, sur les économies d’énergie, la promotion de l’efficacité énergétique et le développement massif des énergies renouvelables, déconcentrées et décentralisées. Cette politique de recherche systématique d’amélioration de l’efficacité énergétique du pays est la seule voie crédible pour traiter sérieusement la crise climatique et apporter une vraie réponse à la crise du pétrole.
Le vieillissement de la population induit de profondes mutations sociétales, dont le politique doit se saisir. Les questions de l’augmentation de la population active par le soutien à la natalité et à l’immigration, de l’accessibilité des services publics, des temps de formation, de travail et de loisirs tout au long de la vie, des objectifs quantitatifs et qualitatifs des régimes de solidarité entre les générations, doivent être abordées sans tabou.
Enfin, le souci que nous avons du bien-être des générations qui nous suivent impose de ne pas leur léguer une montagne de dettes qui obérerait, voire annihilerait l’action publique. Nous devrons lutter contre les déficits, notamment par la remise en cause des avantages fiscaux d’autant plus injustes qu’ils sont injustifiés, tout en stabilisant les prélèvements obligatoires par une réforme de l’Etat audacieuse et concertée et un investissement social plus efficace. Pour la droite, la réforme est purement comptable : elle consiste à paupériser les services publics pour en justifier, ensuite, la privatisation. Proposons au contraire d’améliorer leur efficacité et leur qualité - qualité de gestion, transparence des dépenses, qualité du service rendu aux usagers - pour réaffirmer leur légitimité. Qu’il s’agisse de la lutte contre le chômage, de l’éducation, de la police ou de la justice, nous militons pour un Etat efficient dont les actions soient mieux ciblées sur les besoins réels.

Commentaires
Un commentaire to “Présentation de la contribution “Besoin de Gauche””


Il est important d’inclure une critique radicale de la politique actuelle dont je voudrais apporter un exemple :
Le sarkozisme représente à un retour au capitalise pur et dur à la Bush ou à la Berlusconi, qui s’est appuyé sur le discours de Sarkozy, qui est construit sur une rhétorique implacable annonçant une chose et son contraire, ce qui lui permet d’affirmer qu’il ne ment jamais et que ses interlocuteurs sont de mauvaise foi. Pour le contrer il faut dons le prendre au piège des faits qui représentent la seule réalité valable !
Sur le plan des valeurs, il substitue à la valeur traditionnelles de l’ égalité, la valeur travail qui est naturellement un leurre, car il s’agit non de travailler plus pour gagner plus, mais de gagner la même chose pour un travail supplémentaire, ce qui est démontré par l’abandon de fait de la durée légale du travail, dans la mesure où les 35 heures par exemple sont idées de leur contenu. C’est cela le défi lancé aux syndicats : on annonce e maintien des 5 heures mais on le vide de son contenu en laissant une négociation locale avec les employeurs pour les heures supplémentaires qui s’inscriront progressivement dans la durée du travail, la on augmentation des salaires t l’inflation, feront le reste.
La même technique est utilisée pour toutes les autres Institutions dont l’Ecole est un bon exemple : cette dernière garantira seulement la reproduction des favorisés et son le contenu républicain d’ascension sociale, sera abandonné. On aura progressivement une société de type monarchique qui maintiendra chacun à une place donnée de naissance par le truchement des héritages ! Seuls les riches continueront de s’enrichir au détriment des plus pauvres !