Présentation de la contribution “Besoin de Gauche”

III - Réaffirmer notre engagement européen.
L’avenir de la France est indissociable de celui de l’Europe. Cette conviction profonde a conduit, depuis 60 ans, les socialistes à s’engager dans la construction européenne, à souvent lui insuffler son orientation politique dans des moments décisifs voire cruciaux, comme l’ont fait tous les gouvernements de Gauche depuis 1981.
Mais l’Europe connaît une crise d’identité et un divorce avec ses citoyens. Entre l’Etat nation et l’espace-monde, comment l’Europe peut-elle être un échelon pertinent de régulation, un lieu de protection et de création de richesse ? Pourquoi, d’ailleurs, vouloir construire une Europe politique ? Alors que la réponse à cette question était évidente au lendemain de la seconde guerre mondiale, chacun perçoit qu’il faut, aujourd’hui, redonner un sens à l’aventure européenne.
Nous avons perdu du temps et une précieuse énergie sous les derniers gouvernements de droite. Or, le reste du monde bouge, se transforme. De nouvelles puissances s’affirment et bousculent l’ordre des choses. L’Union doit sans tarder se remettre en ordre de marche, retrouver un rythme sauf à être condamnée à l’effacement.
C’est la volonté de bâtir des solidarités politiques transnationales qui permettent de faire face au déploiement du capital qui justifie notre engagement résolu dans l’unification politique européenne. Nous voulons une Europe unifiée et puissante, qui pèse dans les négociations sur le commerce mondial et soit en mesure d’établir en son sein des formes de gouvernance économique et d’harmonisation sociale. Cette conviction nous conduit à militer pour des transferts de compétence, des procédures de décision simplifiées, l’affirmation de principes sociaux, des institutions plus fédérales et parlementarisées.
Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, les Européens se sont dotés, en 2000, d’un ensemble d’objectifs économiques, sociaux et environnementaux. Cette démarche doit être revisitée et un nouveau contenu doit lui être donné. Les engagements pris par les Etats devront faire l’objet d’un mécanismes de contrôle par l’Union qui devra, pour sa part, définir plus clairement ses objectifs et clarifier les moyens à mettre en œuvre, à son niveau, pour accompagner les efforts accomplis. Renouons avec la démarche qui a prévalu quand Jacques Delors dirigeait la Commission européenne, et agissait aux côtés de François Mitterrand et Helmut Kohl.
Cela suppose d’abord de travailler avec ardeur pour susciter des synergies en matière de recherche, car l’Europe doit être capable de rivaliser avec les meilleurs, notamment les Etats-Unis. Il faut encourager, d’ici à dix à quinze ans, la création de structures européennes disposant d’une masse critique et d’un niveau d’excellence propres à attirer les meilleurs étudiants au monde.
L’apport des technologies de l’information et de la communication à la croissance doit être vigoureusement encouragé et la réduction des inégalités d’accès au numérique doit devenir un chantier européen prioritaire. De même, l’Union européenne doit utiliser les contraintes qu’elle s’impose en matière environnementale pour en faire un puissant levier en matière de croissance solidaire et responsable (fixation d’objectifs nationaux et européens ambitieux, création d’un prix du carbone pour internaliser le coût de cette pollution)
Il est impensable de relancer l’Europe sans une nouvelle répartition de l’effort budgétaire consenti et sans revoir à la hausse son niveau. Il doit être doublé et porté à 2 % du PIB des Etats membres, le cas échéant par la création d’un impôt européen qui pourrait être assis sur le bénéfice des sociétés.
Nous ne devons pas négliger, car il est fort, le besoin de protection de nos concitoyens. En ce domaine, nous devons avoir une exigence de vérité. Il y a absence de consensus, sans doute durable, au sein des Etats membres. Dans ces conditions, le chemin que nous privilégions est celui de la solidarité. Il suppose d’intensifier plusieurs politiques européennes : des services publics de qualité qui contribuent à la croissance ; une formation professionnelle qui retienne notre approche d’un parcours professionnel nécessairement divers mais sécurisé, l’égalité réelle des chances en luttant dans toute l’Europe contre les inégalités dès la petite enfance. Nous devons aussi faire œuvre de pédagogie, et convaincre les Français que les nouveaux Etats membres, loin de constituer une menace, sont un atout pour l’Europe dans la compétition internationale.
Nous devons aider l’Union à jouer pleinement son rôle, et à l’assumer sans complexe en matière de sécurité. Les débats sur le sens de la puissance européenne sont derrière nous. L’Union a déjà construit, dans certains domaines, des mécanismes efficaces : la politique commerciale commune, la prééminence incontestable qu’elle exerce dans la définition des régulations internationales dans de nombreux domaines économiques en témoigne. Elle joue un rôle central dans d’autres domaines cruciaux, comme la lutte contre la prolifération des armes de destruction massives. Ces mécanismes ne suffisent cependant pas. Sans négliger ses alliés et partenaires, l’Union doit pouvoir compter sur ses propres capacités quand ses intérêts sont en jeu
La montée en puissance de la capacité de l’Europe en matière de défense et de sécurité est une priorité. La mise en œuvre des potentialités du traité de Lisbonne concerne également l’Europe de la défense : elle pourrait devenir la référence mondiale. Le premier seuil à franchir est d’ordre capacitaire, avec la création de moyens propres qui n’existent pas, l’Union se reposant toujours sur les capacités des Etats membres. Elle serait la manifestation d’une solidarité européenne effective et une incitation à une réflexion commune, ne serait-ce que pour définir une doctrine d’emploi. Nous plaidons pour la création d’un corps d’armée européen sous commandement européen. Le second seuil est d’ordre éminemment politique. Il s’agit de la défense commune. Pour nous socialistes, même si nous savons que la démarche ne sera pas aisée, c’est une priorité qui s’inscrit dans le droit fil de ce que le gouvernement de Lionel Jospin avait entrepris avec nos camarades travaillistes britanniques à Saint-Malo.
Mais la sécurité des citoyens passe aussi par l’approfondissement de l’espace de liberté et de justice. Dans ces domaines, la création d’outils communs doit être poursuivie car sa valeur ajoutée est indéniable. La nécessité de préserver des mécanismes démocratiques dans nos sociétés est toujours là. Quand on songe à l’agression de la droite actuelle sur nos droits fondamentaux, l’échelon européen est pour les citoyens une garantie que leurs libertés foulées au pied dans l’espace national trouveront un juge.
Pour mener une stratégie véritablement ambitieuse, pour faire face au défi de la mondialisation et renforcer les capacités de l’Europe à défendre ses intérêts dans le monde, nous devons tabler sur la cohésion et la solidarité entre les Etats membres. Or la solidarité européenne ne se décrète pas : elle se construit peu à peu, par les politiques communes.
La politique agricole commune doit être refondée pour répondre aux défis du présent. Elle doit être élargie à des objectifs nouveaux (alimentation, santé humaine et animale, aménagement du territoire, environnement). L’environnement est un domaine où la solidarité européenne est évidente : aucun pays n’accepte de handicaper ses entreprises pour lutter seul contre la pollution, mais la taille de l’Union européenne permet de négocier des normes applicables assez largement pour que l’impact sur la concurrence soit limité, surtout si ces normes deviennent la base d’accords internationaux.
De nouvelles formes de solidarité sont donc possibles, de nature à susciter une volonté particulièrement forte d’intégration chez les nouveaux Etats membres.
En réaffirmant ces finalités, nous ne voulons pas ignorer les insatisfactions engendrées par la construction européenne telle qu’elle s’est exprimée en dernière date lors du référendum en Irlande, ni occulter les débats qui ont surgi lors du processus de ratification du Traité Constitutionnel Européen. Mais nous croyons nécessaire de dépasser ces divergences et de travailler ensemble à la définition d’une stratégie politique des socialistes européens pour faire avancer leurs objectifs communs sur le continent. Nous veillerons à ce que les prochaines élections européennes soient détachées des polémiques franco-françaises et nous porterons le programme du PSE. C’est la condition d’une clarification des enjeux et de la démocratisation des décisions de l’Union, que nous voulons plus proche des citoyens et compréhensible par eux.
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Un commentaire to “Présentation de la contribution “Besoin de Gauche””


Il est important d’inclure une critique radicale de la politique actuelle dont je voudrais apporter un exemple :
Le sarkozisme représente à un retour au capitalise pur et dur à la Bush ou à la Berlusconi, qui s’est appuyé sur le discours de Sarkozy, qui est construit sur une rhétorique implacable annonçant une chose et son contraire, ce qui lui permet d’affirmer qu’il ne ment jamais et que ses interlocuteurs sont de mauvaise foi. Pour le contrer il faut dons le prendre au piège des faits qui représentent la seule réalité valable !
Sur le plan des valeurs, il substitue à la valeur traditionnelles de l’ égalité, la valeur travail qui est naturellement un leurre, car il s’agit non de travailler plus pour gagner plus, mais de gagner la même chose pour un travail supplémentaire, ce qui est démontré par l’abandon de fait de la durée légale du travail, dans la mesure où les 35 heures par exemple sont idées de leur contenu. C’est cela le défi lancé aux syndicats : on annonce e maintien des 5 heures mais on le vide de son contenu en laissant une négociation locale avec les employeurs pour les heures supplémentaires qui s’inscriront progressivement dans la durée du travail, la on augmentation des salaires t l’inflation, feront le reste.
La même technique est utilisée pour toutes les autres Institutions dont l’Ecole est un bon exemple : cette dernière garantira seulement la reproduction des favorisés et son le contenu républicain d’ascension sociale, sera abandonné. On aura progressivement une société de type monarchique qui maintiendra chacun à une place donnée de naissance par le truchement des héritages ! Seuls les riches continueront de s’enrichir au détriment des plus pauvres !