Argumentaire générale de présentation de la contribution
Remarque préalable : cet argumentaire est destiné à structurer la présentation de la contribution dans les Assemblées Générales de Sections ou les AG Fédérales prévues par les statuts. Il est volontairement assez court pour permettre une présentation claire en 10 - 15 mn. Les citations peuvent permettre si nécessaire d’approfondir le propos en s’appuyant sur le texte lui-même :
La contribution « Besoin de Gauche » est structurée autour de trois idées :
- Nous avons besoin d’un congrès de rénovation, et non de désignation prématurée de notre candidat(e).
- Les vrais enjeux du Congrès sont de redéfinir collectivement nos priorités et notre ligne politique.
- Nous proposons un programme de travail concret pour reconstruire le Parti Socialiste en renouvelant les idées et les pratiques pendant les deux prochaines années.
A ) ARGUMENTAIRE POUR UN CONGRES DE RENOVATION
Nous refusons la Présidentialisation du Parti et proposons de trancher la question de la désignation de notre candidat(e) par des primaires au printemps 2011 :
Pourquoi le risque de Présidentialisation est-il réel ?
La pratique des Institutions de la Vème République conduit à une Présidentialisation accrue du régime sous l’effet :
Des modifications récentes des institutions : instauration du quinquennat, inversion du calendrier électoral qui entérine la primauté de l’élection Présidentielle, réforme de juillet dernier qui renforce le pouvoir de la majorité à l’Assemblée et fait du Président de la République le vrai chef de cette majorité.
La pratique des institutions par Nicolas Sarkozy : glorification du pouvoir personnel, réduction du rôle du Premier Ministre, implication dans le fonctionnement du Parti majoritaire, etc.
La présidentialisation du PS, c’est-à-dire la tentation de s’en remettre à celui ou celle qui est supposé gagner la prochaine élection Présidentielle est donc favorisée par :
L’enjeu politique majeur que constitue l’élection Présidentielle dans nos institutions,
La personnalisation du pouvoir entrainé par la pratique actuelle de la Constitution,
La pression des médias qui réduit en partie le combat politique à un combat de personnes,
Le sentiment largement partagé dans le Parti d’avoir besoin d’un « chef » capable d’incarner une ligne claire et de l’assumer avec autorité,
Et, même si c’est moins avouable, une certaine fascination pour le parcours politique de Nicolas Sarkozy qui a su rassembler toute la droite autour de lui…
Face à cette situation :
NOUS NOUS OPPOSONS A LA PRESIDENTIALISATION DU PARTI
Le PS a depuis toujours (cf Guesde et Jaurès) une culture politique de débats internes, d’élaboration collective, d’ouverture aux sensibilité différentes. Le PS n’a jamais été le Parti d’un homme, même sous Mitterrand.
Le Parti socialiste a progressivement renforcé le pouvoir de ses militants qui peuvent seuls choisir, par leur vote, la ligne politique et ses candidats aux différentes élections. Le vrai pouvoir doit rester aux militants.
La personnification du pouvoir ne nous semble pas être une avancée démocratique car elle remplace le débat d’idées par un conflit de personnes.
Citation : « Nous refusons donc la présidentialisation du parti, qui est étrangère à notre culture. Nous sommes convaincus que, dans la situation actuelle, elle nuirait fortement à l’élaboration d’une doctrine, au nécessaire renouvellement des équipes et à l’efficacité de l’organisation, qui sont aujourd’hui nos priorités.
NOUS REFUSONS UN CONGRES DE DESIGNATION AVANT L’HEURE
Il serait incohérent de trancher une question de leadership avant tout débat de fond, alors que sur bien des sujets le Parti est en retard dans sa réflexion et ses pratiques.
Citation : « Le Congrès de Reims doit être le point de départ d’un travail dans la durée, qui vise à rendre à la gauche sa crédibilité. Respectons les échéances. L’urgence, pour nous, est de définir un programme de travail sincère. »
Ce que les Français attendent de l’opposition, c’est qu’elle travaille et fasse des propositions et non pas qu’elle désigne en priorité ses candidats .
Citation : « Et surtout, faisons mentir l’idée selon laquelle le Parti socialiste ne serait qu’une machine à désigner des candidats, incapable de concevoir un projet. »
Personne ne peut préjuger de la situation politique et des rapports de forces dans 4 ans. Le / la meilleur candidat(e) sera celle ou celui le mieux placé pour battre Sarkozy le moment venu : Anticiper dès aujourd’hui la situation politique future serait prendre le risque d’une 4ème défaite consécutive si le rapport de force actuel au PS n’était pas celui qui existera dans la société en 2012.
NOUS PROPOSONS UNE PRIMAIRE EN 2011 POUR DESIGNER NOTRE CANDIDAT(E) A LA PROCHAINE PRESIDENTIELLE
Cette consultation, ouverte à tous ceux qui se reconnaissent dans la gauche et pas seulement aux militants socialistes, serait organisée au printemps 2011 après le Congrès qui aura entériné notre projet. Cette procédure présente de nombreux avantages :
Elle permettra d’ouvrir davantage le Parti à l’ensemble de ses partenaires de gauche et de ses sympathisants.
Elle donnera un caractère plus démocratique à l’investiture, par contraste avec la pratique de la droite rangée derrière son chef sans débats internes,
Elle renforcera la légitimité de notre candidat (e), élu(e) par une large consultation avec une forte couverture médiatique (voir ce qui s’est passé en Italie)
Elle créera une dynamique favorable pour aborder l’élection présidentielle elle-même.
Citation : « Ce n’est que lorsque nous aurons accompli, ensemble, ce travail, que le moment viendra de choisir celle ou celui qui portera notre projet à l’élection présidentielle. Dès à présent, nous proposons que ce choix s’opère dans le cadre de primaires qui seront organisées par le Parti socialiste au printemps 2011, après son congrès, et auxquelles pourront prendre part, sans exclusive, tous ceux qui se reconnaissent dans les idées de progrès que nous portons. Nous pensons que c’est ce calendrier qui garantira à la fois la richesse de notre projet et la meilleure articulation entre le Parti et son candidat à l’élection de 2012. »
B ) ARGUMENTAIRE SUR LES VRAIS ENJEUX DU CONGRES
POURQUOI UN CONGRES DE RENOVATION ?
Le Parti Socialiste a pris du retard dans ses choix stratégiques face à une droite décomplexée qui impose sa vision de l’économie et de la société. La priorité doit donc être l’élaboration collective d’un projet de société et d’une stratégie politique claire pour reconquérir le pouvoir national.
Sur beaucoup de sujets majeurs, le PS n’a pas pris le temps d’une réflexion de fond, occupé à des considérations tactiques ou médiatiques plutôt qu’à redéfinir sa ligne politique.
Tels sont, à notre sens, les vrais enjeux de ce congrès.
Nous proposons de définir trois objectifs à cette réflexion collective :
Définir un nouveau modèle de développement
Promouvoir l’égalité réelle,
Réaffirmer notre engagement européen.
DEFINIR UN NOUVEAU MODELE DE DEVELOPPEMENT basé sur le développement durable, la reconnaissance du rôle de l’entreprise dans la création de richesse, la régulation du commerce mondial, la solidarité internationale face aux défis de l’environnement.
Pourquoi ? La modernité consiste à inventer un modèle de développement durable qui intègre dès l’origine la justice sociale et la préservation de l’environnement
Citations :
« Nous refusons l’alignement de notre modèle social sur les standards néolibéraux que la droite voudrait nous imposer. »
« Il nous faut être attentifs aux conditions de création des richesses, car on ne pourra jamais redistribuer que ce qui est produit. Par opposition à la spéculation financière, qui détourne le capital des investissements indispensables, par opposition à la politique de la droite, qui, en France, privilégie la rente, la gauche doit soutenir la prise de risque entrepreneuriale ».
« Nous plaidons notamment pour un commerce international régulé »
PROMOUVOIR L’EGALITE REELE en tenant compte de la diversité des situations et des territoires, au service d’un développement harmonieux de l’individu.
Pourquoi ? Le marché étant créateur d’inégalité et les politiques de redistribution pour en corriger les effets négatifs ayant montré leurs limites depuis 20 ans, il faut réinventer la lutte pour l’égalité des Droits. C’est en s’attaquant aux inégalités « à la racine », notamment par l’éducation et la formation permanente que l’on pourra réduire durablement la fracture sociale.
Citations :
« Notre nouvel horizon de transformation sociale réside dans une lutte massive contre les mécanismes de « reproduction sociale » qui font perdurer les privilèges de naissance. »
« Qu’il s’agisse des retraites, de l’éducation, des conditions de travail, nous pensons que le socialisme doit mieux prendre en compte la diversité des situations et des attentes qu’elles créent. »
REAFFIRMER NOTRE ENGAGEMENT EUROPEEN, lucide sur la crise d’identité qui secoue l’Union, mais exigeant sur les politiques communes pour renforcer l’efficacité de l’action publique. Cette ambition passe notamment par une augmentation des moyens politiques et financiers de l’Union, au service d’une vision commune, d’une meilleure solidarité et d’une présence renforcée sur la scène internationale.
Pourquoi ? La dimension européenne est indispensable au succès des politiques publiques aujourd’hui. Le cadre national n’est plus pertinent pour une action efficace en matière d’économie mais aussi de sécurité et de défense. L’avenir de la France est indissociable de celui de l’Europe.
Citations :
« C’est la volonté de bâtir des solidarités politiques transnationales qui permettent de faire face au déploiement du capital qui justifie notre engagement résolu dans l’unification politique européenne ».
« Nous ne devons pas négliger, car il est fort, le besoin de protection de nos concitoyens. La montée en puissance de la capacité de l’Europe en matière de défense et de sécurité est une priorité. Mais la sécurité des citoyens passe aussi par l’approfondissement de l’espace de liberté et de justice. »
C) ARGUMENTAIRE POUR UN PROGRAMME DE TRAVAIL CONCRET
Un des enjeux majeurs de ce congrès est de reconstruire le Parti Socialiste, fort de ses élus et de ses militants mais dont le fonctionnement doit être plus démocratique, plus transparent, plus ambitieux pour créer une dynamique capable de rassembler à gauche.
Le prochain Premier Secrétaire devra assumer un « leadership de travail » pour impulser, coordonner et faire respecter la réflexion collective, sans faire peser ses ambitions personnelles.
Quel programme de travail pour les socialistes pour ces deux prochaines années ?
Pour trancher les grandes orientations, nous proposons que soient organisées en 2009 / 2010 sept grandes conventions dans le cadre d’ateliers de l’alternative ouverts à nos partenaires et à la société civile :
Imaginer un modèle de croissance qui tienne pleinement compte de la nouvelle donne écologique.
Placer au cœur de notre politique la qualité de vie de l’homme au travail
Développer un nouveau modèle d’Etat social.
Promouvoir une démocratie renouvelée.
Garantir la liberté de choix du destin individuel
Construire une Europe unifiée et puissante
Mettre la France au service d’un monde moins déséquilibré
* * *
En synthèse, « BESOIN DE GAUCHE » propose une stratégie capable de remettre le Parti au travail pour aborder les prochaines échéances :
Elaborer collectivement une ligne politique claire autour de trois objectifs : un nouveau modèle de développement, une lutte pour l’égalité réelle et la construction d’une Europe plus juste et plus ambitieuse,
Choisir la ou le candidat(e) le mieux placé(e) pour vaincre Sarkozy au printemps 2011 sur la base de cette ligne politique, au cours de primaires ouvertes aux sympathisants pour créer une véritable dynamique du succès.
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