Un nouveau modèle de développement

8 septembre 2008 · Publié dans la catégorie Argumentaires 

La modernité ne consiste pas à accepter le marché libéralisé

Nous reconnaissons l’utilité du marché pour produire les richesses nécessaires au développement des sociétés.
Toutefois, nous plaçons depuis toujours au cœur de notre action la lutte contre les déséquilibres économiques, les dégâts écologiques et les injustices sociales et territoriales engendrées par le capitalisme.
Ainsi, nous ne nous satisfaisons pas d’un marché qui, lorsqu’il n’est pas encadré, est aveugle à long terme, perverti par les oligopoles, asservi par la spéculation démultipliée par les évolutions technologiques.
Nous refusons l’alignement de notre modèle social sur les standards néolibéraux que la droite voudrait nous imposer.
Socialistes, et donc internationalistes, nous militons plus que jamais pour une autre répartition des richesses à l’échelle planétaire, entre pays pauvres et pays riches.

… mais à inventer un modèle de croissance qui intègre la justice sociale et l’impératif écologique,

Le modèle de croissance actuel se révèle incapable de permettre une bonne allocation des ressources et une juste répartition des richesses créées.
Il a en outre atteint les limites de la capacité de portage de la planète et des écosystèmes.
Nous considérons, avec les socialistes européens, que le développement durable est le seul principe d’action politique et économique responsable.
Les socialistes doivent imaginer un modèle qui oriente l’action publique vers la solidarité, la démocratie, la préservation des écosystèmes et des ressources nécessaires au développement des sociétés humaines.

Nous prônons un effort massif de création des richesses,

On ne pourra jamais redistribuer que ce qui est produit : aussi, la puissance publique se doit-elle d’assurer les meilleures conditions de développement des capacités de production
Etat et collectivités territoriales ont un rôle stratégique pour promouvoir l’investissement productif et la recherche, la diffusion des progrès technologiques, la prospection des marchés internationaux, l’essor de nouveaux services, l’expansion de l’économie sociale et solidaire, et pour favoriser la reconversion des territoires fragilisés.
Nous devons porter une attention soutenue à une « sanctuarisation » de la sphère non marchande des grands services publics. Dans ce cadre, l’investissement dans l’éducation et la formation est la  condition de survie de nos économies, concurrencées par des pays émergents capables de former, chaque année, des centaines de milliers de chercheurs et d’ingénieurs hautement qualifiés, dont les avantages comparatifs sont indéniables.
Nous devons anticiper les effets du vieillissement de la population par une recherche constante des valeurs ajoutés et des productivités.

Nous revendiquons une juste rémunération des facteurs de production,

Par opposition à la spéculation financière et aux effets de rente qui détournent le capital des investissements productifs indispensables, la gauche doit soutenir la prise de risque entrepreneuriale.
Après un cycle qui fut favorable aux salaires durant les Trente Glorieuses, la répartition des gains de productivité du fait des rapports de forces qui ont depuis sensiblement évolué, est devenue exagérément favorable au capital, en particulier financier, au détriment du travail et de l’investissement.
Nous devons nous engager à une répartition socialement plus juste, mais aussi économiquement plus efficace, entre les facteurs de production notamment au travers d’une réhabilitation de l’impôt direct progressif.

Nous combattons fermement la dette publique

La dette publique est l’ennemie de la gauche car elle pénalise, d’abord, les pauvres.
Le bien-être des générations qui nous suivent implique, en outre, de ne pas leur léguer des dettes qui obèrent déjà l’action publique, et l’annihileraient demain : la hausse des taux d’intérêt rend plus encore pesante la charge de la dette qu’elle prive l’Etat de la marge manœuvre nécessaire à une bonne allocation du capital public (éducation, santé, …)
Nous devrons donc lutter contre les déficits, notamment par la remise en cause des avantages fiscaux d’autant plus injustes qu’ils sont inefficaces, tout en stabilisant les prélèvements obligatoires par une réforme de l’Etat audacieuse et concertée et un investissement social plus efficace.
Dans cette perspective, l’efficacité et la qualité des services publics - gestion, transparence des dépenses et des ressources, service rendu aux usagers - est un préalable à la réaffirmation de leur légitimité.

Nous plaidons en faveur d’un commerce international régulé

Les échanges ne peuvent continuer à se développer de façon aussi disproportionnée au détriment des pays du Sud.
Nous aspirons à toute force à une maîtrise de la mondialisation par une réglementation négociée, adossée à une pratique  des régulations (commerciales, financières, monétaires). Ainsi, dans la période, devons-nous être favorables à une conclusion équilibrée du cycle de Doha.
Au nécessaire respect des clauses sociales et environnementales oubliées du Traité fondateur de l’OMC, il faudra ajouter de nouvelles garanties sociales et environnementales qui assureront une plus grande loyauté dans les échanges mondiaux, et militer en faveur d’une démocratisation des instances de régulation internationale.

Nous devons faire face à la conjonction des crises écologiques, alimentaire et énergétique

La hausse des prix des produits de base mobilise une part croissante des revenus des ménages, d’abord modestes et défavorisés et annule leur trop faible progression nominale. La crise énergétique et alimentaire affecte donc prioritairement la répartition des fruits de la croissance.
Or, il n’existe pas d’alternative macroéconomique à l’absorption par les ménages du surcoût de l’énergie et des produits de base : d’où le changement indispensable de modèle de développement, la lutte contre la dépendance au pétrole et le soutien à la relocalisation de certains circuits économiques.
Une nouvelle politique énergétique s’impose fondée, d’abord, sur les économies d’énergie, la promotion de l’efficacité énergétique et le développement massif des énergies renouvelables, déconcentrées et décentralisées.
Plus largement, l’impératif écologique va constituer un puissant levier pour imposer par la voie de l’action politique, au niveau international, des disciplines à une économie suicidaire qui puise sans mesure dans les ressources de la planète.
La nouvelle donne écologique renouvelle fondamentalement notre approche des besoins humains : ainsi, l’intérêt décisif porté à la pauvreté, la santé, la qualité de vie, la préservation des cadres naturels.
Dès lors, la notion et la mesure même de la croissance doivent être qualitativement et substantiellement modifiées pour répondre aux enjeux sanitaires et éducatifs, au développement des services à la personne…,

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